Vaginisme

Formations, outils thérapeutiques et ressources cliniques pour les professionnel.le.s

Quand le corps entrave la pénétration

En consultation, le vaginisme ne se présente pas seulement comme une contraction musculaire. La personne peut souhaiter une pénétration, se sentir en confiance dans sa relation et pourtant sentir son corps se fermer dès qu’une approche devient possible.

C’est souvent là que notre réflexe professionnel peut nous piéger : puisque la demande porte sur la pénétration, nous organisons rapidement le travail autour de ce qui pourrait la rendre possible. Détendre. Désensibiliser. Réessayer autrement.

Or, avant de proposer une progression, il reste à comprendre ce qui se met en alerte. Une douleur déjà vécue ou redoutée ? La peur d’être envahie, de décevoir ou de perdre le contrôle ? Une expérience médicale, des croyances, une méconnaissance corporelle, le contexte relationnel ou une affection associée ? Deux personnes qui décrivent la même impossibilité peuvent avoir besoin d’accompagnements très différents.

Sketchnote clinique : douleur, peur, croyances et contexte relationnel peuvent déclencher une réaction de protection ; l’accompagnement aide à retrouver une boussole et une marge de choix.

Je ne cherche pas à « faire réussir » une pénétration. Je cherche à rendre à la personne la possibilité de sentir, de choisir, de ralentir ou de s’arrêter. — Alexandra

Le corps n’est pas en train de saboter la personne

La contraction peut être comprise comme une réponse de protection devenue très rapide. Un peu comme le clignement de l’œil lorsque quelque chose s’en approche, elle se déclenche parfois avant même que la personne ait pu décider ce qu’elle voulait faire.

Ce déplacement change la manière d’accompagner. Il permet de sortir du « détendez-vous » — souvent vécu comme une nouvelle preuve qu’elle ne fait pas ce qu’il faut — pour explorer la logique de cette protection, ce qui l’active et ce qui pourrait lui rendre de la sécurité.

Ce que cela change dans l’anamnèse

Le désir de pénétration, la peur, la douleur, les sensations corporelles, le contexte relationnel et les attentes autour de la sexualité sont explorés séparément. Une même impossibilité de pénétration peut ainsi raconter des histoires très différentes — et demander des accompagnements différents.

Quatre repères pour ne pas transformer l’accompagnement en nouveau test à réussir

Illustration SexoPositive : une personne choisit le rythme et peut dire stop.
Redonner du contrôle

Pouvoir dire stop, choisir le rythme, décider de ce qui est tenté — ou non — et savoir que l’objectif sera ajusté avec elle.

Illustration SexoPositive : la boucle entre anticipation, tension, douleur et évitement.
Comprendre la boucle

Anticipation, tension, douleur et évitement peuvent se renforcer. Les rendre visibles aide à intervenir sans blâmer ni brusquer.

Illustration SexoPositive : élargir l’anamnèse aux dimensions corporelles, psychiques, relationnelles et médicales.
Élargir les hypothèses

Plancher pelvien, douleur, santé gynécologique, croyances, contexte relationnel ou expériences antérieures : aucune piste ne doit devenir une explication automatique.

Illustration SexoPositive : coordonner les regards de la sexologie, de la gynécologie, de la kinésithérapie et de la psychothérapie.
Coordonner avec justesse

Selon la situation, la prise en charge peut associer sexologie, gynécologie, kinésithérapie périnéale, psychothérapie ou consultation spécialisée.

Observer l’accompagnement, étape par étape

Formation spécialisée La prise en charge du vaginisme par Alexandra Hubin, présentée dans un ordinateur.

Formation spécialisée : La prise en charge du vaginisme

J’ai conçu cette formation à partir des questions qui se posent réellement en consultation : comment expliquer le mécanisme sans enfermer la personne dans un diagnostic ? Comment construire une progression qui ne devienne pas une injonction de plus ? Et comment garder le plaisir, le choix et l’ensemble de la sexualité dans le champ du travail ?

Je vous y accueille comme si vous étiez à mes côtés dans le cabinet. Les repères sont immédiatement traduits en formulations, métaphores, étapes d’exposition progressive et ajustements cliniques.

BON À SAVOIR
  • 9 sessions vidéo, 3 heures de formation
  • accès illimité
  • évaluation facultative avec attestation de réussite

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L’exposition progressive n’est pas un passage en force

Elle ne consiste pas à multiplier les essais jusqu’à ce que « ça passe ». Elle se construit avec la personne, à partir de ce qu’elle souhaite pouvoir vivre, de son niveau de sécurité et de sa capacité à rester à l’écoute de ses sensations.

Les exercices, lorsqu’ils sont pertinents, peuvent être réalisés seule, avec un ou une partenaire ou avec l’appui d’un.e kinésithérapeute. Leur rythme, leur contexte et leurs objectifs restent personnalisés. La possibilité de s’arrêter fait partie du travail — elle n’en signe pas l’échec.

Une évolution ne se mesure pas uniquement à la pénétration

Retrouver de la confiance dans son corps, identifier plus tôt une tension, oser poser une limite, diminuer l’anticipation anxieuse, vivre davantage de plaisir ou pouvoir choisir une pénétration sans en faire une obligation sont déjà des changements cliniquement importants.

La pénétration peut être un souhait. Elle ne devient ni la finalité automatique du traitement ni la preuve d’une sexualité « réussie ».

Trois outils qui peuvent soutenir ce travail

Ils ne remplacent pas l’anamnèse ni la coordination des soins. Ils offrent des médiations concrètes pour travailler la représentation du corps, élargir les possibles et remettre du choix dans l’expérience.

Sp Couverture 49 Petit Formation Outil Visite Du Vagin 2

Visualisation positive avec son vagin

Pour faire émerger les représentations, les peurs et les ressources, puis construire une image corporelle plus sécurisante.

DÉCOUVRIR L’OUTIL

Sp Couverture 30 Petit Formation Outil Amelioration Representations Organes Genitaux Couv

Esquisse intime

Pour soutenir le dialogue autour de l’anatomie, des sensations et du rapport à la zone génitale sans réduire l’échange à un cours.

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Sp Couverture 47 Petit Formation Outil Plaisirs Penetratifs Circlusifs 2

Plaisirs pénétratifs et circlusifs

Pour sortir d’une vision binaire de la pénétration et explorer les conditions corporelles et relationnelles susceptibles de la rendre agréable, lorsqu’elle est désirée.

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Quand le travail se poursuit entre les consultations

Les outils cliniques aident à structurer ce qui se travaille en séance. Les explorations guidées répondent à une autre fonction : elles peuvent être proposées à la personne ou au couple pour prolonger, entre deux consultations, une réflexion ou une expérience déjà ouverte dans l’accompagnement.

Elles ne remplacent ni l’anamnèse, ni le suivi, ni les outils mobilisés par le ou la professionnel.le. Leur intérêt dépend de la demande, du moment et de la sécurité de la personne. Elles restent facultatives, adaptables et peuvent être interrompues.

Dans l’accompagnement du vaginisme, elles peuvent notamment aider à redonner une place à d’autres expériences de plaisir, de curiosité ou de connexion, sans faire de la pénétration la mesure de l’évolution.

Des supports destinés aux personnes accompagnées

Disponible
👉 explorer les stimulations orales 
Cunnilingus, fellation et autres plaisirs de la bouche : une exploration guidée à proposer à la personne ou au couple, sans objectif de performance et dans le respect des envies et des limites de chacun.e.


À VENIR

Explorer son imaginaire érotique
Une exploration pour laisser une place aux images, aux pensées et aux scénarios qui peuvent nourrir l’excitation, sans imposer de contenu ni de norme.


À VENIR

Explorer le pouvoir du toucher
Une exploration guidée pour ralentir, porter attention aux sensations et élargir le répertoire sensoriel, seul.e ou à deux.

Questions fréquentes en consultation

Au fil des consultations et des supervisions, certaines questions reviennent régulièrement. J’ai choisi d’y répondre à travers une série d’articles courts, rédigés dans un esprit de psychoéducation et directement inspirés de la pratique clinique.