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Pourquoi la pénétration est-elle impossible alors que j’en ai envie ?

Alexandra Hubin

Par Alexandra Hubin, Dre en Psychologie et Sexologue clinicienne

Il y a une phrase que j’entends régulièrement en consultation et qui me touche toujours autant :

« J’en ai envie… mais mon corps refuse. »

Ces femmes ne manquent pas de désir. Elles ne rejettent pas leur partenaire. Elles aimeraient que la pénétration soit possible.

Et pourtant, au moment d’essayer, quelque chose se bloque.

Si ces mots résonnent en vous, j’aimerais vous dire dès le début de cet article : vous ne faites pas exprès.

Quand le corps se met en mode protection

En sexologie, on parle de vaginisme lorsque les muscles du plancher pelvien se contractent involontairement à l’approche d’une pénétration.

Autrement dit, même lorsque l’envie est bien présente, le corps peut réagir comme s’il devait se protéger et rendre l’introduction d’un doigt, d’un tampon, d’un spéculum ou d’un pénis très difficile, voire impossible.

C’est souvent extrêmement déroutant, parce que la tête dit « oui »… pendant que le corps dit « stop ».

Une image qui aide souvent à comprendre

Imaginez une personne qui rêve de partir en voyage.

Vaginisme Metaphore AvionElle a envie de prendre l’avion, elle a préparé sa valise, elle se réjouit du départ… mais une fois arrivée à l’aéroport, son cœur s’emballe, ses muscles se crispent et elle est incapable de monter à bord.

Le désir de voyager est pourtant bien là.

Avec le vaginisme, il peut se passer quelque chose de similaire : l’envie de pénétration existe, mais le corps déclenche malgré lui une réaction de protection qui empêche que cela se passe comme souhaité.

La pénétration n’est qu’une pratique parmi d’autres

J’aime souvent rappeler qu’une sexualité épanouissante ne se résume pas à la pénétration.

Les caresses, les baisers, le sexe oral, la masturbation mutuelle, les massages sensuels ou toutes les autres formes d’intimité peuvent être sources de beaucoup de plaisir et de connexion.

Cela n’enlève évidemment rien à la souffrance que certaines personnes ressentent lorsqu’elles souhaitent vivre une pénétration et que leur corps les en empêche.

Une progression tout en douceur

Le vaginisme ne disparaît généralement pas parce que l’on force la pénétration ou parce que l’on serre les dents en espérant que cela passe.

Au contraire, le cheminement consiste souvent à avancer progressivement, sans douleur et sans pression, afin d’aider le corps à ne plus se mettre en état d’alerte.

Comme beaucoup d’apprentissages, cela demande du temps, de la patience et de la bienveillance envers soi-même. Chaque petite étape compte.

S’il y a une chose à retenir…

Le vaginisme n’est pas un manque de désir.

Beaucoup de femmes qui en souffrent ont profondément envie d’une pénétration, mais leur corps réagit malgré elles.

Ce blocage est involontaire et mérite d’être accueilli avec douceur plutôt qu’avec culpabilité ou pression.

Signature Alexandra Hubin