Le décalage de désir n’appartient pas à celui ou celle qui en a « trop » ou « pas assez »
Dans le couple, la différence de rythme devient souvent un problème lorsque chacun.e se retrouve assigné.e à une place : la personne qui demande et celle qui refuse, celle qui souffre et celle qui devrait changer.
Plus la première insiste pour retrouver une proximité, plus la seconde peut anticiper la pression et se protéger. Et plus elle se retire, plus l’autre cherche des signes de désir. Le couple finit alors par consulter autour d’une personne supposée « manquer » de désir, alors qu’un cycle relationnel s’est installé entre les deux.
Le déplacement clinique consiste à dépathologiser la différence, puis à rendre visible la danse qui transforme cette différence en souffrance.

Quatre distinctions qui évitent de chercher un coupable

Différence ≠ dysfonction
Les rythmes ne coïncident pas toujours. C’est la détresse et la manière dont le couple la traverse qui guident l’accompagnement.
Invitation ≠ obligation
Le désir circule mieux lorsqu’une proposition peut recevoir plusieurs réponses sans menacer le lien.
Spontané ≠ seul désir « vrai »
Chez certaines personnes, l’élan apparaît surtout lorsque le contexte, la proximité et l’excitation commencent à se construire.
Fréquence ≠ qualité du lien
Deux couples vivant le même rythme peuvent lui donner un sens très différent et ne pas éprouver la même souffrance.
Chercher un rythme commun ne signifie pas couper la différence en deux
L’objectif n’est pas d’obtenir une moyenne acceptable. Il est d’aider chacun.e à comprendre son propre fonctionnement, à entendre celui de l’autre et à inventer des façons de se rencontrer qui respectent à la fois l’élan et le non-désir.

