Dépression et vie intime

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Quand la dépression modifie la vie intime

Une plainte intime peut apparaître pendant la dépression, évoluer avec un traitement ou persister alors que l’humeur s’améliore.

Ces temporalités comptent. Une baisse de désir, une diminution du plaisir, une fatigue massive ou un besoin de proximité ne racontent pas la même chose et ne se travaillent pas de la même manière.

L’anamnèse gagne donc à séparer l’humeur, l’anhédonie, l’énergie disponible, les effets possibles du traitement et ce qui se joue dans le lien.

Sketchnote SexoPositive : humeur, énergie, plaisir, traitement et lien sont explorés séparément dans l’anamnèse.

Trois distinctions pour ne pas tout confondre

Désir, plaisir et énergie

Ne pas avoir l’élan d’initier, ne plus ressentir de plaisir et être trop épuisé.e pour se rendre disponible sont trois expériences distinctes.

Épisode et traitement

Le moment d’apparition du changement aide à penser les contributions possibles de la dépression et des médicaments, sans conclusion automatique.

Sexualité et proximité

Le besoin de contact, de tendresse ou de lien peut rester présent alors que l’activité sexuelle devient moins accessible.

Ne pas transformer la sexualité en indicateur de guérison

Il ne s’agit pas d’obtenir une fréquence sexuelle qui prouverait que la personne va mieux. Le travail clinique consiste plutôt à redonner de la lisibilité au vécu et à soutenir les choix.

Ce qui reste possible aujourd’hui compte autant que ce qui a changé : proximité, plaisir, curiosité, sécurité ou simple envie d’être en lien.

Dans la pratique

Préciser ce qui a changé. Quand, comment et dans quelles situations la difficulté est-elle apparue ?

Coordonner. En cas de question médicamenteuse, la réflexion se mène avec le ou la prescripteur.rice, jamais par un arrêt unilatéral.

Garder la sécurité en vue. L’aggravation de l’état psychique ou un risque suicidaire appellent une évaluation et une prise en charge adaptées.

Un objectif ajusté

Permettre que l’intimité retrouve une place compatible avec l’état, les besoins et le rythme de la personne.

Ce que l’on cherche à préserver

Une marge de choix, la possibilité de nommer un non-désir sans le pathologiser et un espace où la proximité ne devient pas une épreuve à réussir.

Les questions les plus fréquentes en consultation

Cette rubrique accueillera progressivement des articles pour éclairer les questions liées à cette thématique dans l’accompagnement.

La sexualité mérite d’être abordée dans le suivi d’une dépression sans devenir un indicateur de réussite imposé à la personne. — Alexandra