Adolescence et construction affective et sexuelle
Accompagner les jeunes, c’est bien plus subtil qu’il n’y paraît
J’aime profondément accompagner les adolescent.e.s dans leur construction affective et sexuelle, en consultation comme lors d’animations. Ce travail est passionnant et délicat : il touche à l’intime à un moment où l’on apprend encore à se connaître et à faire confiance à ce que l’on ressent.
Les jeunes ne découvrent pas la sexualité avec nous. Ils et elles arrivent avec des informations, des images et des normes venues de l’école, des réseaux, des séries, de la pornographie ou du groupe. Notre rôle ne consiste donc pas seulement à transmettre un savoir de plus. Il est aussi d’offrir un espace pour faire le tri entre ce que l’on croit devoir vouloir, ce que l’on ressent et ce que l’on souhaite réellement.
Accompagner, c’est aider chacun.e à mieux se connaître et à respecter ses désirs comme ses non-désirs.

Quelle place pour les adultes ?
Lors de cette journée d’étude, j’ai eu l’occasion de présenter la philosophie clinique qui guide l’approche sexopositive. C’est d’ailleurs ce regard qui avait motivé mon invitation.
L’idée n’était pas d’apporter une nouvelle série de « bonnes réponses », mais de réfléchir à la place d’un adulte ressource : quelqu’un qui peut accueillir sans juger, transmettre un repère fiable, sécuriser lorsque c’est nécessaire et aider un.e jeune à réfléchir sans décider à sa place.

Informer n’est pas précipiter
Parler de relations et de sexualité ne pousse pas les jeunes à commencer plus tôt. Les évaluations rassemblées par l’UNESCO montrent que les programmes complets, adaptés à l’âge et au développement, n’augmentent ni l’activité sexuelle ni les prises de risque. Ils peuvent au contraire favoriser des choix plus éclairés et des comportements plus sûrs.
L’enjeu n’est donc pas d’en dire toujours davantage. Il est d’ouvrir un espace fiable où les jeunes peuvent poser leurs questions, développer leur esprit critique et trouver des repères pour décider plus librement et se protéger.
Cinq repères institutionnels pour situer sa pratique
Les mots et les cadres diffèrent d’un pays à l’autre. Ces documents permettent de revenir aux attendus officiels, puis d’adapter l’accompagnement à l’âge, au contexte et aux besoins des jeunes.
Belgique francophone
Le Guide pour l’EVRAS offre des balises communes pour préparer des animations adaptées aux jeunes.
France
Le programme national organise les apprentissages de la maternelle au lycée.
Luxembourg
Le guide Let’s Talk about Sex! soutient les professionnel.le.s dans l’accompagnement affectif et sexuel des jeunes.
Suisse romande
Le cadre romand fixe des repères de qualité communs pour une éducation sexuelle adaptée au développement.
Québec
Le document ministériel présente les contenus à proposer du primaire au secondaire.
Si vous souhaitez approfondir votre pratique
Formation spécialisée : Accompagner les ados dans leur construction affective et sexuelle
J’ai conçu cette formation autour d’une tension très concrète : comment informer et sécuriser sans ajouter une nouvelle injonction à des jeunes qui en reçoivent déjà beaucoup ?
Les situations cliniques permettent de travailler ce geste professionnel : différencier désir, curiosité, peur et pression ; explorer ce que recouvre un mot avant de l’interpréter ; soutenir l’expression des limites ; ou encore repérer quand une orientation médicale est indiquée.
La formation ne propose pas une bonne réponse valable pour tous les ados. Elle apporte des repères et des outils pour rester au plus près de ce que chacun.e vit, de son rythme et de son contexte.
BON À SAVOIR
- 5 sessions vidéo, 2 heures de formation
- accès immédiat et illimité
- évaluation facultative avec attestation de réussite
Questions fréquentes en consultation ou en animation
En consultation, en supervision ou en formation, certaines questions reviennent régulièrement. J’ai choisi d’y répondre à travers une série d’articles courts, rédigés dans un esprit psychoéducatif et directement inspirés de la pratique clinique.





