J’ai mal mais je prends sur moi.
Dites, avoir mal pendant un rapport sexuel, ce n’est pas normal.
Ce n’est jamais un petit détail.
Ce n’est pas “dans la tête”.
Et ce n’est surtout pas à supporter!
Faire l’amour, c’est se donner du plaisir, du lien, de la tendresse.
Pas de la douleur.
👉 Donc, quand la douleur s’invite, on l’écoute.
👉 C’est un signal du corps, un feu rouge à prendre au sérieux.
Premier réflexe : arrêter ce qui fait mal
En sexologie, la première chose que nous proposons est nos patientes est d’arrêter la ou les pratiques qui provoquent la douleur !
C’est souvent la pénétration.
Mais cela peut aussi être une caresse, une position ou un geste particulier.
Pourquoi arrêter ? Parce que continuer malgré la douleur risque d’installer un cercle vicieux.
Plus un rapport fait mal, plus le corps apprend à anticiper cette douleur. Et plus il l’anticipe, plus il peut se contracter ou se mettre en état d’alerte… ce qui favorise l’apparition de nouvelles douleurs.
En d’autres termes, la douleur devient un véritable feu rouge. Et lorsqu’un feu passe au rouge, on ne continue pas à accélérer : on s’arrête pour comprendre ce qui se passe.
Revenir vers ce qui procure du plaisir
Arrêter ce qui fait mal ne signifie pas mettre sa sexualité entre parenthèses.
Au contraire.
C’est souvent l’occasion de redécouvrir tout ce qui fait du bien.
On peut mettre de côté, pendant un temps, les pratiques douloureuses et donner de la place à celles qui procurent du plaisir, de la curiosité, de la tendresse ou de l’excitation.
Cette période demande parfois un peu de créativité mais on peut le voir comme de belles opportunités d’explorer d’autres plaisirs, plus que comme des restrictions.
Quand le corps retrouve un sentiment de sécurité
Croyez moi, cette stratégie est vraiment très précieuse car lorsque l’on cesse de forcer ce qui fait mal et que l’on redonne de la place aux expériences agréables, cela permet au corps de ne plus associer l’intimité à une menace de douleurs.
Progressivement…
Le corps peut retrouver un sentiment de sécurité.
Le désir peut revenir plus facilement.
L’excitation aussi.
Evidemment, ce n’est pas une recette miracle mais il est très fréquent que le corps réagisse différemment lorsqu’il n’a plus besoin de se protéger.
Et si la douleur est toujours présente ?
Si, malgré ces adaptations, la douleur persiste, il est important de ne pas rester seule avec vos questions.
C’est le moment d’essayer de mieux comprendre ce que votre corps essaie de vous dire.
Où la douleur apparaît-elle ? À l’entrée du vagin ? Plus profondément ?
À quel moment survient-elle ?
Comment la décririez-vous ? Une brûlure ? Une sensation de déchirure ? Quelque chose qui pique, qui tire ou qui bloque ?
Ces informations sont précieuses. Elles aideront le ou la professionnel.le de santé à orienter les recherches et à identifier les causes possibles. Selon les situations, il pourra s’agir d’un problème gynécologique, dermatologique, hormonal, musculaire ou encore d’un fonctionnement protecteur du corps qui s’est progressivement installé.
Comprendre l’origine de la douleur est souvent la première étape vers une prise en charge adaptée.
S’il y a une chose à retenir…
Une douleur pendant les rapports n’est pas quelque chose que l’on devrait apprendre à supporter.
Elle n’est pas non plus un échec. C’est un signal.
Plus on essaie de lutter contre elle ou de la traverser malgré tout, plus elle risque parfois de s’installer.
À l’inverse, prendre le temps de l’écouter, de respecter ses limites et, si nécessaire, de se faire accompagner permet souvent de retrouver une sexualité plus sereine.
Parce que votre corps mérite d’être écouté.
Et parce que la sexualité est faite pour être vécue dans le plaisir, pas dans la douleur.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.