« Je n’ai envie de rien… Est-ce que cela veut dire que je n’aime plus ? » Cette inquiétude, je l’entends régulièrement en consultation. Quand une dépression met l’élan en sourdine, le silence du désir peut devenir une inquiétude de plus — pour soi, mais aussi pour la relation.
Quand l’intimité devient une question de plus à porter
La dépression ne se résume pas à être triste. Elle peut retirer de l’énergie, diminuer l’intérêt, rendre le plaisir moins accessible et compliquer la mise en mouvement. Certaines personnes me disent que l’idée même de sexualité ne leur traverse plus l’esprit. D’autres aimeraient se sentir proches, mais le contact leur demande trop, leur corps répond autrement ou l’excitation et l’orgasme deviennent plus difficiles.
Ce qui est particulièrement déstabilisant, c’est le sens que l’on risque de donner à ces changements : « Est-ce que je ne désire plus mon ou ma partenaire ? », « Est-ce que notre couple va mal ? », « Est-ce le traitement ? ». J’aimerais déjà retirer une pression : une baisse du désir pendant une dépression ne permet pas, à elle seule, de conclure que vos sentiments ont changé.




