Même pendant les moments intimes, je pense encore au travail : comment réussir à décrocher ?
La journée est finie. L’ordinateur est fermé. Vous êtes enfin dans un moment à deux et, au premier geste tendre, votre cerveau vous rappelle le mail auquel vous n’avez pas répondu. Alors vous essayez de chasser cette pensée, vous vous agacez de ne pas être présent.e… et vous voilà avec une nouvelle tâche à réussir : décrocher.
J’ai envie de commencer par vous enlever cette pression. On ne passe pas toujours de l’état d’alerte professionnel à la disponibilité intime simplement parce qu’on a quitté son bureau. Le détachement psychologique du travail est un processus de récupération. Il peut avoir besoin d’un passage, pas d’un ordre.
Le cerveau a parfois besoin d’un sas
Quand la journée s’achève sans vraie rupture, le travail reste facilement actif dans la tête. Certaines personnes trouvent utile de noter ce qui reste à faire et le premier geste à reprendre le lendemain. D’autres ont surtout besoin d’un passage très concret : marcher quelques minutes, prendre une douche, changer de vêtements, écouter un morceau ou rester un peu au calme.
Il ne s’agit pas d’ajouter un rituel parfait à votre liste. L’idée est simplement de donner au corps et à l’attention un peu de temps pour changer de registre.
Une pensée de travail n’annule pas le moment
Si un mail ou une tâche vous revient en tête, cela ne signifie pas que vous avez raté votre moment. Il n’est pas nécessaire de livrer bataille à cette pensée. Vous pouvez remarquer qu’elle est là, puis ramener doucement votre attention vers quelque chose de concret : la chaleur d’une main, le contact du tissu, votre respiration ou une sensation agréable.
Et l’intimité peut repartir de ce qui est réellement accessible ce jour-là. Se prendre dans les bras, s’allonger ensemble ou aller plus loin si l’envie se construit : rien ne doit servir de test pour vérifier si vous avez enfin réussi à décrocher.
Quand le travail prend toute la place
Ces petits sas peuvent aider, mais ils ne compensent pas à eux seuls une charge chronique, des messages permanents ou un épuisement installé. Les recherches sur la récupération montrent d’ailleurs que le détachement devient plus difficile lorsque les exigences du travail restent élevées.
Si le travail continue à occuper tous les espaces, avec un sommeil, une humeur ou un fonctionnement quotidien qui se dégradent, en parler à un.e médecin et, selon la situation, au service de santé au travail peut devenir important. Ce n’est pas un échec du couple ni de la sexualité. C’est souvent le signe que la marge de récupération est devenue trop étroite.
S’il y a une chose à retenir…
Décrocher pendant l’intimité ne consiste pas à obliger son cerveau à se taire. Une vraie fin de journée, un petit sas et un retour doux vers les sensations disponibles peuvent l’aider à changer de rythme. La présence revient souvent plus facilement lorsqu’elle ne devient pas une performance de plus.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.
