Consentement à l’adolescence
On peut connaître le mot « consentement » et pourtant se sentir perdu.e
Le mot circule. Dans les écoles, les animations, les campagnes, sur les réseaux. On sait que le consentement doit être libre, qu’un non doit être respecté et que l’on peut changer d’avis.
Et pourtant, en consultation ou en animation, il arrive qu’un.e jeune sache très bien expliquer le consentement… et ne sache plus du tout où il ou elle en était dans une situation vécue.
Parce qu’entre connaître la règle et pouvoir se situer, il y a tout ce qui se joue dans le lien : l’envie d’être choisi.e, de faire comme les autres, de ne pas décevoir ; la peur que l’autre s’éloigne ; un corps dont les signaux restent flous ; un oui donné à un moment ne vaut pas automatiquement pour la suite.
Notre rôle ne consiste alors pas seulement à rappeler la règle. Il est d’aider le ou la jeune à se situer.

Valérie Doyen a porté cette question en médecine générale
Depuis 2006, Valérie travaille au planning familial « Le 37 » à Liège. Les jeunes, elle ne les rencontre donc pas seulement autour d’un concept. Elle les écoute en entretien individuel et les retrouve en animation EVRAS, là où les mots se cherchent parfois autant qu’ils se prononcent.
Au fil de ces rencontres, elle voit combien un.e jeune peut connaître la définition du consentement et pourtant rester perdu.e dans une situation vécue. Son travail consiste alors à l’aider à retrouver une boussole : ce qu’il ou elle ressent, ce qu’il ou elle souhaite, ce qui l’inquiète, ce qu’il ou elle ose dire et ce qui est réellement entendu.
Lors du Congrès 2026 de médecine générale de l’UCLouvain, Valérie, membre de l’équipe pédagogique de SexoPositive, nous a fait le plaisir de partir de situations très concrètes issues de son travail auprès des jeunes pour rendre visible tout ce qui se joue derrière ce mot devenu si familier.

Qu’est-ce qui se joue derrière le mot « consentement » ?
Une réponse peut paraître simple. Ce qui la rend possible, ou au contraire la brouille, l’est beaucoup moins.

Le besoin d’appartenance
Faire comme les autres, avoir une place, ne pas se sentir à côté.

L’envie de plaire
Dire oui pour être aimé.e, rassurer l’autre ou ne pas décevoir.

La peur de perdre l’autre
Accepter pour préserver le lien, éviter un conflit ou empêcher l’autre de s’éloigner.

Des sensations difficiles à reconnaître
Sentir un malaise sans parvenir à le nommer, ou comprendre seulement après que quelque chose ne convenait plus.

Le droit de changer d’avis
Pouvoir ralentir, s’arrêter ou revenir sur un oui sans avoir à se justifier.
Les nommer n’enlève jamais rien à la responsabilité de la personne qui insiste, met la pression ou franchit une limite.
Questions fréquentes en consultation ou en animation
En consultation comme en animation, certaines questions reviennent souvent. J’ai choisi d’y répondre dans des articles courts, pensés pour ouvrir le dialogue et donner des repères concrets.