Lorsque j’ai commencé à accompagner des personnes touchées par un cancer, je pensais que les difficultés sexuelles apparaîtraient surtout comme une conséquence des traitements.
Avec le temps, j’ai compris que ce qui se jouait était bien plus profond.
Ce n’était pas seulement une question de désir, de douleurs ou de fonctionnement sexuel.
C’était parfois une femme qui n’osait plus se regarder dans un miroir après une mastectomie.
Un homme qui me disait qu’il avait le sentiment de ne plus être le même depuis son traitement.
Un couple qui avait peur de se toucher, de peur de faire mal ou de mal faire.
Et souvent, derrière ces confidences, une même question : « Est-ce que je peux encore me sentir moi… malgré le cancer ? »
C’est probablement cette question qui m’a le plus fait évoluer dans ma manière de penser l’oncosexologie.
Parce qu’elle nous rappelle que, derrière chaque diagnostic, derrière chaque traitement, il y a une personne qui continue d’aimer, de désirer, d’avoir peur, d’espérer et de chercher sa place dans une vie qui est ou a été frappée par un cancer.


