Depuis que je prends un traitement dopaminergique pour ma maladie de Parkinson, j’ai des envies sexuelles difficiles à contrôler : dois-je en parler rapidement à mon neurologue ?
Oui, parlez-en rapidement. Une hausse du désir n’est pas en soi un problème. Mais lorsque les envies deviennent difficiles à freiner, prennent une place inhabituelle ou vous poussent vers des comportements que vous ne reconnaissez pas, il peut s’agir d’un trouble du contrôle des impulsions lié au traitement.
Ce phénomène est surtout associé aux agonistes dopaminergiques utilisés dans la maladie de Parkinson. Il n’est ni une faute morale ni la preuve d’un désir « enfin libéré ».
Le caractère nouveau et incontrôlable doit alerter
La question n’est pas seulement la fréquence de vos pensées sexuelles. Regardez ce qui a changé depuis l’introduction ou l’augmentation du traitement : dépenses sexuelles, prises de risque, sollicitations répétées, contenus consultés pendant des heures, secrets, conflits ou impression de ne plus pouvoir vous arrêter malgré les conséquences.
Certaines personnes cachent ces changements parce qu’elles en ont honte ou parce qu’ils procurent aussi du plaisir. Pourtant, plus le neurologue est informé tôt, plus il peut évaluer la situation avant qu’elle n’abîme la santé, les finances ou les relations.
N’arrêtez pas le médicament seul.e
Contactez votre neurologue ou l’équipe qui suit votre Parkinson et dites clairement : « Ce comportement est nouveau depuis le traitement et j’ai du mal à le contrôler. » Une personne de confiance peut vous accompagner ou compléter ce que vous avez observé, si vous le souhaitez.
Le traitement peut parfois être ajusté ou remplacé, mais uniquement avec l’équipe soignante. Un arrêt brutal peut provoquer des symptômes importants. En attendant le rendez-vous, réduisez autant que possible les situations à risque et demandez une aide urgente si vous craignez de vous mettre en danger ou de ne plus respecter le consentement d’une autre personne.
S’il y a une chose à retenir…
Des envies sexuelles devenues soudainement incontrôlables sous traitement dopaminergique méritent un contact rapide avec le neurologue. Les nommer tôt protège sans vous juger et permet d’adapter les soins en sécurité.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.
