Traverser un dilemme relationnel
Les dilemmes que l’on me confie n’ont pas tous le même visage
Rester ou partir ? Dire ou taire un fantasme par peur d’être jugé.e ? S’engager davantage ou protéger une part importante de sa liberté ? Suivre un projet qui éloigne ou choisir celui qui laisse davantage de place à la vie privée ?
Votre dilemme n’aurait peut-être rien d’un dilemme pour quelqu’un d’autre. Mais s’il vous remue, c’est qu’il touche quelque chose d’important pour vous. Et vous n’êtes pas seul.e à vous sentir parfois complètement perdu.e.
En consultation, certaines personnes me disent que, dans une même journée, leur avis peut changer au fil des conversations. D’autres passent des nuits blanches, rejouent les scénarios ou perdent le fil de ce qu’elles font. Plus le dilemme prend toute la place, plus décider devient difficile. Ce n’est pas un manque de volonté.
Un vrai dilemme n’oppose pas toujours le bon choix au mauvais
Il peut opposer deux directions qui ont chacune du sens, chacune un gain, chacune un coût et une part de renoncement. C’est aussi pour cela que la certitude parfaite n’arrive pas toujours.
Ce que je protège
Qu’est-ce que chaque option préserve d’important pour moi ?
Ce que je risque de perdre
À quel renoncement chacune m’expose-t-elle ?
Qui j’ai envie d’être
Quelle position me ressemble aujourd’hui, même sans réponse définitive ?
Concrètement, comment faire ?
Choisissez un moment précis, dans un endroit assez calme, pour revenir à votre dilemme. Lorsqu’il surgit en dehors de ce moment, notez ce qui revient si vous en avez besoin, puis rappelez-vous : « Je ne laisse pas tomber cette question. J’y reviens au moment que j’ai choisi. »
À ce moment-là, vous pouvez reprendre les trois questions ci-dessus, ou chercher seulement votre prochaine étape : demander une information, ouvrir une conversation, poser une limite, attendre un repère.
Une position pour aujourd’hui n’est pas forcément une décision pour toujours.
Vos émotions ne sont pas l’ennemi
J’aimerais vraiment qu’on arrête de classer trop vite les émotions entre celles qu’il faudrait garder et celles qu’il faudrait faire taire. La peur, la tristesse, la colère ou même le soulagement ne décident pas à votre place. Mais ces émotions peuvent vous renseigner sur ce que vous espérez protéger, sur ce que vous redoutez de perdre et sur ce qui compte profondément pour vous.
Être bouleversé.e par un choix important ne signifie donc pas que vous êtes incapable de choisir.
Cela peut simplement vouloir dire que cette décision compte.
Quand vous ne voulez plus porter ce dilemme seul.e
Si la réflexion tourne en boucle au point de fragiliser votre sommeil, votre concentration ou votre capacité à vivre le reste de votre journée, vous pouvez demander de l’aide.
Un.e professionnel.le peut vous aider à déplier ce que chaque option remue, à retrouver vos propres repères et à clarifier la prochaine étape, sans choisir à votre place.
Le répertoire de la communauté SexoPositive rassemble des spécialistes formé.e.s à l’approche SexoPositive.
Les questions que l’on me pose le plus souvent sur les dilemmes relationnels
Rester ou partir, dire ou taire un fantasme, écouter une peur sans la laisser décider… Les articles ci-dessous reprennent ces questions une à une, avec des repères pour vous aider à y voir plus clair sans vous imposer de réponse.