Depuis mon problème cardiaque, j’ai peur que faire l’amour soit dangereux : comment retrouver confiance ?
Après un infarctus, une opération ou l’annonce d’une maladie cardiaque, certaines personnes me racontent qu’elles n’osent plus se laisser aller dans l’intimité, même lorsqu’elles en ont envie. La peur d’un nouvel accident s’invite au moment de se rapprocher, parfois aussi chez leur partenaire. Derrière la question « Est-ce dangereux ? », j’entends surtout le besoin de pouvoir à nouveau faire confiance à son corps.
Cette peur mérite d’être entendue. Elle ne signifie pas que toute activité sexuelle est devenue dangereuse. Pour beaucoup de personnes, lorsque la maladie est stabilisée et qu’un effort modéré ne provoque pas de symptômes, l’activité sexuelle est généralement considérée comme peu risquée.
Mais ce repère n’est pas un feu vert universel. Le bon moment dépend de votre problème cardiaque, de vos symptômes, d’un éventuel geste médical récent et de votre récupération. Votre cardiologue ou votre équipe soignante peut vous aider à situer ce qui est prudent pour vous.
Ce n’est pas seulement l’effort qui fait peur
Un problème cardiaque peut modifier la manière dont on perçoit son corps. Le moindre battement plus rapide devient parfois un signal que l’on surveille. Une sensation normale liée à l’excitation peut alors être interprétée comme un danger.
À force d’écouter son cœur pour vérifier qu’il « tient », il devient difficile de rester disponible au contact, au désir et au plaisir. Le ou la partenaire peut, de son côté, craindre de faire mal ou de provoquer un nouvel accident. L’évitement protège de la peur sur le moment, mais il peut aussi installer de la distance ou laisser chacun.e seul.e avec ses scénarios.
Ce qui me paraît important ici, c’est de ne pas transformer chaque rapprochement en test de performance, ni physique ni sexuelle.
Retrouver de la sécurité
Si votre état cardiaque n’est pas stabilisé, demandez l’avis de votre cardiologue ou de votre équipe soignante avant de reprendre une activité sexuelle.
Mais je vous conseille sincèrement de garder en tête qu’un moment d’intimité sexuelle n’est pas un lieu de performance. Et certainement pas une performance sportive à réussir.
Faire l’amour, c’est se donner de l’amour et du plaisir. Il existe tellement de manières de le faire : avec plus de sensualité, plus d’érotisme ou une sexualité plus explicite, selon ce qui vous convient.
Vous pouvez adapter le rythme et les pratiques à ce que votre corps vous raconte aujourd’hui. Ralentir, faire une pause, choisir une activité qui demande moins d’effort ou s’arrêter ne signifie pas que votre sexualité vaut moins. C’est une manière de rester à l’écoute de vous-même et de préserver la place du plaisir.
S’il y a une chose à retenir…
Pour beaucoup de personnes dont la maladie cardiaque est stabilisée, l’activité sexuelle est possible et peu risquée. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre prudence et intimité, mais d’obtenir un repère médical adapté à votre situation, puis de reprendre sans vous obliger à faire « comme avant ».
La confiance revient souvent par petites expériences suffisamment rassurantes, vécues seul.e ou à deux. Votre vie intime peut retrouver une place, à votre rythme et dans le respect de ce que votre corps permet aujourd’hui.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.
