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Est-ce une bonne idée de prévoir des rendez-vous à deux, même si cela semble peu spontané ?

Alexandra Hubin

Par Alexandra Hubin, Dre en Psychologie et Sexologue clinicienne

« Mais on ne va quand même pas commencer à se donner rendez-vous dans notre propre couple ! » Cette phrase, je l’entends souvent en consultation. Pour certain.e.s partenaires, inscrire un moment à deux dans l’agenda donne l’impression que la spontanéité a disparu et que la relation se transforme en rendez-vous chez le dentiste. Je comprends cette réaction. Et pourtant, oui, cela peut être une très bonne idée.

Prévoir un rendez-vous ne signifie pas décider à l’avance de ce qui devra s’y passer. Il s’agit d’abord de protéger un espace dans lequel le couple pourra se retrouver, sans devoir attendre que le quotidien lui laisse miraculeusement une place.

Au début d’une relation, on se donne déjà rendez-vous

Moi, j’aime rappeler ce qui se passe au début d’une histoire. On fixe un jour, une heure, parfois un lieu. Puis le rendez-vous commence bien avant le moment lui-même. On y pense, on l’anticipe, on imagine ce que l’on pourrait faire. On s’arrange pour terminer une tâche, faire garder les enfants ou mettre son téléphone en silencieux.

Cette préparation n’est pas nécessairement esthétique. Elle consiste surtout à essayer d’être disponible mentalement et physiquement. Si l’on sait que l’on sera complètement épuisé.e après une énorme journée de travail, on peut chercher un autre créneau. Planifier permet ainsi de créer des conditions plus favorables à la présence, à la curiosité et au plaisir d’être ensemble. Des travaux sur les activités partagées montrent d’ailleurs que vivre à deux des expériences nouvelles ou stimulantes peut soutenir le sentiment de qualité relationnelle.

Planifier un espace, pas un résultat

Le point essentiel, c’est que ce rendez-vous reste ouvert. Il peut devenir une promenade, un café, un repas cuisiné ensemble, une conversation, un moment tendre ou, peut-être, une rencontre sexuelle. Mais rien ne doit être dû parce que le créneau figure dans l’agenda.

C’est particulièrement important lorsque le désir sexuel de l’un.e ou de l’autre est plus fragile. Si « moment à deux » devient le code de « nous devrons faire l’amour », l’anticipation risque de créer de la pression plutôt que de la disponibilité. La recherche montre d’ailleurs que nous avons tendance à idéaliser la sexualité spontanée, sans que les expériences perçues comme plus spontanées soient systématiquement associées à davantage de satisfaction dans la vie quotidienne.

Comment garder ce rendez-vous vivant ?

Je vous proposerais de commencer simplement. Choisissez ensemble un moment réaliste, en tenant compte de votre énergie et de vos contraintes, puis prévoyez seulement de quoi vous rendre disponibles. Vous pouvez garder quelques idées d’activités calmes et plus dynamiques, à choisir selon votre météo du jour. Et si le programme change, ce n’est pas un échec : le rendez-vous sert la relation, pas l’inverse.

S’il y a une chose à retenir…

Planifier un rendez-vous à deux n’enlève pas forcément sa spontanéité au lien. Cela peut au contraire lui redonner de l’espace. On ne programme ni le désir, ni la tendresse, ni la conversation. On crée les conditions pour qu’ils puissent apparaître, sans obligation et sans scénario imposé.

Signature Alexandra Hubin

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À propos de l’auteure

Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.


Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.

Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Alexandra HubinElle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.

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À propos de SexoPositive

Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.


Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.

L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.

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