
Il y a quelque temps, je suis retombée sur un sketch de Florence Foresti. Vous le connaissez peut-être. Elle parle, avec un humour irrésistible, du styliste italien qui aurait été chargé de dessiner les vulves… et elle se demande franchement ce qui leur est passé par la tête.
Je ris à chaque fois.
Et vous savez à quoi je pense aussi ? Qu’au fond, derrière l’humour, elle met des mots sur une réalité que j’entends très souvent en consultation.
Des femmes qui me confient qu’elles ne trouvent pas leur vulve jolie. Qu’elles se demandent si elle est « comme il faut ». Qu’elles n’aiment pas que leurs lèvres internes dépassent. Qu’elles évitent parfois de se montrer sous certains angles. Ou encore qu’elles ont du mal à comprendre que leur partenaire puisse avoir envie de leur faire un cunnilingus.
Si vous vous reconnaissez dans ces pensées, rassurez-vous : je les entends très régulièrement en consultation.
Notre imaginaire est parfois plus étroit que la réalité
La plupart d’entre nous ne passent pas leur temps à comparer des vulves et c’est bien ainsi.
En revanche, les images auxquelles nous sommes exposées (sur Internet ou dans certains contenus pornographiques) montrent souvent une représentation très limitée : peu de pilosité, des lèvres internes discrètes, une couleur uniforme, une apparence très lisse.
À force de voir toujours les mêmes modèles, beaucoup de femmes finissent par croire que leur propre vulve est « différente ».
Alors qu’en réalité, il existe autant de vulves qu’il existe de femmes.
Certaines ont des lèvres internes qui dépassent largement les lèvres externes. D’ailleurs, vous remarquerez que j’utilise ces termes et non « petites lèvres » et « grandes lèvres ». J’ai laissé tomber ces expressions il y a plusieurs années. Tout simplement parce que, dans la réalité, les lèvres internes ne sont pas toujours petites… et c’est précisément cette idée qui peut alimenter des complexes inutiles.
La variété est immense. Les lèvres peuvent être plus ou moins visibles, asymétriques, plus claires ou plus foncées, plus fines ou plus épaisses. Aucune vulve n’a besoin de ressembler à une autre pour être parfaitement à sa place.
Le regard que l’on porte sur soi peut devenir très sévère
Ce qui me touche souvent en consultation, c’est de voir à quel point certaines femmes observent leur vulve avec beaucoup d’exigence… et très peu de douceur.
Elles zooment sur un détail qui les complexe et finissent par oublier tout le reste.
Pendant ce temps-là, leur partenaire est généralement bien moins focalisé sur l’esthétique qu’elles ne l’imaginent. Il ou elle est surtout présent.e à la tendresse, au plaisir partagé, à l’intimité, aux sensations.
Nous sommes souvent notre critique la plus sévère.
Et si nous changions un peu de perspective ?
La vulve n’est pas là pour répondre à un idéal esthétique.
C’est une partie du corps vivante, sensible, protectrice, richement innervée et capable de participer au plaisir sexuel.
Alors, plutôt que de lui demander d’être parfaite, j’aime l’idée d’apprendre à la regarder avec un peu moins de jugement… et un peu plus de curiosité.
S’il y a une chose à retenir…
Si votre vulve vous semble différente de celles que vous avez vues dans les médias ou sur Internet, cela ne signifie pas qu’elle est anormale.
Bien au contraire.
La diversité est la règle, pas l’exception.
Et si vous avez l’occasion, je vous recommande le sketch « Le styliste » dans le spectacle Boys Boys Boys de Florence Foresti. Avec beaucoup d’autodérision, elle met en lumière des pensées que de nombreuses femmes gardent pour elles. Et parfois, rire ensemble est déjà une jolie façon de commencer à se réconcilier avec son corps.
