Aujourd’hui, j’ai publié une image sur mon Instagram et Facebook qui disait : « Tout va bien sous la couette… raison de plus pour en parler. » J’avais envie de mettre des mots sur une idée toute simple : dans beaucoup de couples, on parle surtout de sexualité quand quelque chose coince. Pourtant, les moments agréables nous donnent eux aussi une matière très précieuse.
Dire « j’ai adoré tes baisers dans mon cou », « quand tu as ralenti à ce moment-là » ou « cette façon que tu as de me toucher » n’est pas faire l’évaluation d’une rencontre. C’est offrir à l’autre un repère pour mieux comprendre ce qui nous procure du plaisir. Et c’est aussi une manière de prolonger la complicité après le moment intime.
Parler de sexualité ne sert pas seulement à réparer
Il est assez fréquent d’attendre une difficulté pour ouvrir la conversation : une baisse de désir, une frustration, un geste qui ne convient plus. À ce moment-là, les mots arrivent parfois chargés de déception ou de crainte de blesser. Quand tout va bien, la conversation peut avoir une autre couleur. On peut parler de ce que l’on aimerait préserver, retrouver ou explorer, sans être déjà pris.e dans l’urgence de résoudre un problème.
Les recherches disponibles vont dans ce sens avec une nuance importante. Elles montrent une association entre la qualité des échanges autour de la sexualité et la satisfaction sexuelle et relationnelle. Elles ne disent pas qu’il faudrait parler de sexe tout le temps. La qualité, l’attention et la sécurité ressentie dans l’échange semblent compter davantage que la fréquence des conversations.
Nommer ce qui a plu rend le plaisir moins devinable
L’amour ne donne pas de super-pouvoirs de voyance. Même lorsqu’on se connaît depuis longtemps, l’autre ne peut pas toujours deviner ce qui nous a touché.e, excité.e ou détendu.e. Et nos préférences ne sont pas figées : un geste peut être délicieux un soir et nous laisser plus indifférent.e un autre jour.
Un retour positif n’est donc ni un mode d’emploi définitif ni la promesse qu’il faudra reproduire exactement la même chose. C’est plutôt une information offerte : « là, à ce moment précis, cela m’a fait du bien ». Elle donne une direction possible, tout en laissant de la place à l’écoute du moment présent.
Choisir un moment où personne ne se sent évalué.e
Cette conversation ne doit pas forcément avoir lieu dans le lit. Elle peut commencer en préparant un café, pendant une promenade ou le lendemain, quand la proximité est encore là et que chacun.e se sent disponible. Ce que j’aimerais vous proposer, c’est de partir d’un détail concret plutôt que d’une grande question comme « tu trouves que notre sexualité va bien ? ».
Vous pouvez simplement dire ce que vous avez aimé, puis laisser l’autre raconter son propre vécu. Il n’est pas nécessaire de tirer tout de suite une conclusion, de fixer un objectif ou de transformer l’échange en programme pour la prochaine fois. Le but est d’ouvrir un espace où le plaisir peut être nommé, reçu et parfois découvert autrement.
S’il y a une chose à retenir…
Parler de sexualité quand tout va bien, ce n’est pas chercher un problème caché. C’est prendre soin de ce qui fonctionne déjà. Dire ce qui nous a fait du bien donne à l’autre des pistes, nourrit la complicité et rappelle surtout une chose essentielle : le plaisir se construit moins dans la capacité à deviner que dans la possibilité de s’écouter.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.
