Beaucoup de patientes arrivent en consultation avec cette idée : « À la ménopause, la libido se met sur pause. » Il faut dire qu’on peut encore le lire ici ou là. Comme si, avec la fin des règles, il fallait aussi dire au revoir au désir.
Pourtant, ce n’est ni ce que j’observe, ni ce que montre la littérature scientifique. Le désir peut diminuer, mais il peut aussi rester stable ou même devenir plus présent. La ménopause ne l’éteint donc pas automatiquement. Elle peut surtout changer les conditions dont il a besoin pour apparaître.
Ce n’est pas seulement une affaire d’hormones
À la ménopause, les changements hormonaux peuvent jouer sur la lubrification, le confort de la vulve et du vagin ou la manière dont le corps réagit aux caresses. Mais ils ne racontent jamais toute l’histoire.
Quand on dort mal à cause des bouffées de chaleur, que l’on se sent épuisée, que l’humeur est chahutée ou que l’on ne se reconnaît plus tout à fait dans son corps, il reste parfois peu de place pour l’envie. Un problème de santé, un traitement ou une période difficile dans la relation peuvent aussi peser.
Et l’inverse existe. Certaines personnes se sentent plus libres avec les années, connaissent mieux leur corps et osent davantage dire ce qui leur plaît. Il n’existe donc pas une seule façon de vivre son désir à la ménopause.
Parfois, ce n’est pas le désir qui manque
À la ménopause, la sécheresse, les irritations ou les douleurs peuvent rendre certaines pratiques moins agréables. On peut alors croire que l’on n’a plus envie de sexualité, alors que l’on redoute surtout que le moment soit inconfortable. Quand le corps s’attend à avoir mal, il peut tout simplement se mettre en retrait.
Je tiens à être très claire : la douleur n’est pas un passage obligé de la ménopause. Un lubrifiant ou un hydratant vaginal peut déjà aider certaines personnes. D’autres solutions existent selon ce qui se passe et votre santé. Un.e médecin, gynécologue ou sage-femme pourra vous aider à choisir ce qui vous convient.
Ne cherchez pas tout de suite à retrouver la libido d’avant
Je vous proposerais plutôt de regarder ce qui a changé concrètement. Est-ce surtout la fatigue ? La peur d’avoir mal ? Le sentiment d’être moins désirable ? Le manque de temps ou de complicité ? Ou avez-vous simplement moins de désir, sans que cela vous fasse souffrir ?
La réponse compte, parce que le chemin ne sera pas le même. Vous pourriez avoir besoin de repos, de plus de temps pour que l’excitation arrive, de touchers sans objectif, d’autres pratiques, d’une conversation avec votre partenaire ou d’un avis professionnel. Et si votre désir a baissé sans devenir un problème pour vous, vous n’avez rien à réparer.
S’il y a une chose à retenir…
La ménopause ne met pas automatiquement la libido sur pause. Elle peut en modifier le rythme et les conditions. Si ce changement vous pèse, ne vous contentez pas de penser que « c’est l’âge ». On peut regarder ce qui se joue dans le corps, le sommeil, l’image de soi, la relation ou les traitements.
Vous n’avez pas à retrouver à tout prix le désir que vous aviez avant. Ce qui me paraît essentiel, c’est de comprendre ce qui peut faire du bien à votre corps et à votre intimité aujourd’hui.

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À propos de l’auteure
Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.
Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Elle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.
À propos de SexoPositive
Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.
Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.
L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.
Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.
