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Comment éviter une hypoglycémie pendant un rapport sexuel quand on a du diabète ?

Alexandra Hubin

Par Alexandra Hubin, Dre en Psychologie et Sexologue clinicienne

Vous vous apprêtez à partager un moment intime et une pensée s’invite : « Et si ma glycémie chutait maintenant ? » Cette crainte peut vous pousser à surveiller votre capteur sans arrêt ou à ne plus être disponible pour vos sensations.

Une hypoglycémie peut survenir pendant ou après une activité sexuelle, mais ce n’est ni automatique ni propre à toutes les personnes diabétiques. La prévention commence par une question concrète : votre traitement vous expose-t-il réellement aux hypoglycémies ?

Commencer par votre risque réel

Le diabète, à lui seul, ne provoque pas une hypoglycémie. Ce risque concerne surtout les personnes traitées par insuline, sulfamides hypoglycémiants ou glinides. Avec les autres médicaments du diabète pris seuls, les hypoglycémies sont rares. Connaître votre traitement évite donc une surveillance dont vous n’avez peut-être pas besoin.

L’activité sexuelle peut demander un effort léger à modéré, mais son intensité varie énormément. Les recherches qui mesurent directement la glycémie pendant et après ces moments restent très rares. Nous appliquons donc avec prudence ce que l’on connaît de l’activité physique : une baisse devient plus plausible avec beaucoup d’insuline active, un repas retardé, une activité physique antérieure ou de l’alcool. L’émotion ou un effort intense peuvent aussi faire monter la glycémie. Il n’existe donc ni valeur de départ, ni collation, ni réduction d’insuline universelle.

Préparer une sécurité discrète

Si votre traitement vous expose aux hypoglycémies et que cela vous stresse, regarder votre glycémie et sa tendance avant ce moment peut vous donner un repère.

Petite astuce : gardez une quantité mesurée de glucose rapide à portée de main et, si votre plan le prévoit, du glucagon. L’objectif est simplement d’éviter de chercher ce dont vous avez besoin au moment où vous vous sentez moins bien.

Si vous reconnaissez les signes d’une hypo, interrompez le rapport et traitez-la sans attendre, selon le plan établi avec votre équipe soignante. Reprenez uniquement si vous en avez envie, lorsque votre glycémie est remontée et que les symptômes ont disparu.

Ce qui me paraît important ici, c’est que cette préparation ne prenne pas toute la place. Si vous partagez ce moment avec quelqu’un, vous pouvez simplement lui dire ce qui doit attirer son attention. Il ne s’agit pas de transformer votre partenaire en soignant.e, mais de ne pas devoir tout porter seul.e.

Si les hypoglycémies se répètent

Notez ce qui peut éclairer votre fonctionnement : la glycémie de départ, sa tendance, l’insuline active, le repas, l’alcool, une activité physique antérieure et ce qui se passe ensuite. Ces observations aideront votre équipe de diabétologie à chercher avec vous une stratégie adaptée.

Je préfère être très claire sur ce point : ne modifiez pas seul.e votre insuline, les réglages de votre pompe ou son mode d’activité. Demandez rapidement conseil si les hypos sont fréquentes, nocturnes ou sévères, si vous ne les sentez plus venir ou si leur peur vous conduit à éviter toute intimité.

S’il y a une chose à retenir…

Prévenir une hypoglycémie pendant ou après un moment intime ne consiste pas à surveiller chaque geste. Il s’agit d’identifier votre risque réel, de suivre un plan personnalisé et de garder le traitement d’une hypo à portée de main. Cette sécurité peut alors rester présente pour vous protéger et assez discrète pour vous laisser revenir à vos sensations, à vos envies ou à vos non-envies.

Signature Alexandra Hubin

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À propos de l’auteure

Une expertise clinique, universitaire et scientifique au service de la santé sexuelle et relationnelle.


Cet article a été rédigé par Alexandra Hubin, fondatrice de SexoPositive, docteure en psychologie, sexologue clinicienne, responsable académique du Master en sexologie de l’UCLouvain et membre du comité d’éthique de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.

Depuis plus de vingt ans, elle accompagne des personnes autour des questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Alexandra HubinElle partage aujourd’hui son activité entre la pratique clinique, l’enseignement et le développement de SexoPositive.
Alexandra a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la santé sexuelle et intervient régulièrement dans les médias.

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À propos de SexoPositive

Une approche scientifique, positive et concrète de la santé affective, relationnelle et sexuelle.


Fondée par Alexandra Hubin, SexoPositive est née de la volonté de rendre les connaissances scientifiques en santé affective, relationnelle et sexuelle plus accessibles, plus concrètes et directement utiles, aussi bien dans la vie quotidienne que dans la pratique clinique.

L’approche SexoPositive invite à mieux comprendre les difficultés sans les réduire à une fatalité. Elle encourage chacun.e à s’appuyer sur ses ressources ainsi que sur les connaissances scientifiques et des repères concrets pour construire une vie intime qui lui ressemble.

Cette philosophie guide l’ensemble des contenus développés par SexoPositive et repose sur des valeurs de bienveillance, de respect, d’inclusivité et de rigueur scientifique.

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